Pour les formats ouverts !

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Le site Formats-Ouverts.org (FOo) traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1500 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1728 articles en ligne, dont 11 pour le mois de novembre - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Les 4 ans ! - Le 1700e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ?


Notules express :


2008, les 10 ans de XMLXML10 : les 10 ans de XML en 2008


L'interopérabilité est numéro 1 des discussions DADVSI

Le terme gagnant est... l'interopérabilité !

Au cours des débats à l'Assemblée nationale des 19, 20 et 21 décembre à propos du projet de loi DADVSI, outre le format masculin, le format cravate et le format papier, très présents, le terme le plus cité à propos du sujet des formats, des DRM, etc a été... interopérabilité : 42 fois !

Les exemples concrets des problèmes posés par le non-respect du principe d'interopérabilité sont nombreux, notamment récemment avec les baladeurs numériques vendus en nombre pour les fêtes, ou avec les fichiers DRM. Et l'interopérabilité repose sur des formats et des protocoles ouverts.

Sources et liens :

En France, en décembre, 1 million de problèmes de formats

Les baladeurs numériques en tête des ventes, et donc en tête des problèmes d'interopérabilité

En 2005 en France, 4,7 millions de baladeurs numériques ont été achetés, dont 1 million en décembre. Cela signifie potentiellement 4,7 millions de cas concrets d'utilisateurs qui vont découvrir :

  • que les baladeurs Apple utilisent le format de musique Apple vendu sur le site d'Apple (iTunes Music Store) ;
  • que les baladeurs Sony emploient le format de Sony qui est en vente sur le site de Sony (Connect) ;
  • que les autres baladeurs, s'ils utilisent le format de Microsoft, ne peuvent être alimentés (avec achat) que par les sites qui proposent ce format de Microsoft, donc ni celui d'Apple ni de Sony.

C'est une excellente chose pour faire toucher du doigt les problèmes d'interopérabilité : la musique connaît les frontières des formats. C'est une excellente chose pour illustrer le problème des DRM. C'est une excellente chose si dans les personnes concernées il y a des des députés qui doivent de nouveau se pencher sur la question des DRM (le 17 janvier) avec le projet de loi DADVSI.

Pour ce qui est des CD audio, ils ne sont pas pour autant lisibles dans tous les lecteurs... de CD audio ! En cause le système anti-copie qui ne respecte plus le format du CD audio. La triste expérience de Noël relatée par Tristan Nitot le montre fort brillamment : un CD audio récent, un lecteur de CD audio récent... mais rien !

Le sujet des formats ouverts est important, très concret et au cœur de l'actualité, notamment pour la musique, censée ne pas connaître de frontière.

Sources et liens :

Pause imposée pour cause de formats...

Pas d'articles sur Formats-Ouverts.org, merci qui ?...

La période après Noël n'était pas prévue pour faire une pause sur Formats-Ouverts.org. Pourtant, aucun article nouveau entre le 25 et le 28 décembre... Alors ? Et bien, encore les formats : à vouloir se connecter hors de chez soi, on découvre que...

Tout d'abord la machine...

La principale machine utilisée est un ordinateur portable Apple iBook G4, acheté en juillet dernier à la suite du vol du précédent (G3). Sur cette machine, après plus de 2 ans d'utilisation de Mac OS X (en paralèlle avec Linux), c'est désormais uniquement Ubuntu Linux qui est installé, au point d'avoir donc une MALLLE, une Machine Apple & Logiciels en Logiciels Libres Exclusivement. Mais une MALLLE ce n'est pas bien, du moins sans doute aux yeux du fabricant, car alors :

  • plus de carte WiFi (appelée Airport) : elle n'est pas reconnue ;
  • plus de modem interne : il est inutilisable.

« Hors de mon système d'exploitation, point de salut avec mon matériel », pourrait être la formule : les spécifications techniques des matériels ne sont pas ouvertes . On peut aussi dire qu'il s'agit « d'exclusivité », dans un format plus positif et marketing...

Le modem étant obligatoire pour se connecter partout où il n'y a qu'une ligne téléphonique (par exemple dans sa famille), et comme il n'y a plus de port série (un format de connectique abandonné, soit), la solution est le câble USB-série. Et quand il est livré avec un CD Rom de petit format, alors impossible de le glisser dans le lecteur de type mange CD... sans parler du seul format Windows accepté pour utiliser le câble.

Et ensuite la ligne...

Une fois acquis un modèle de câble USB-série utilisable avec Linux et avec CD Rom au format normal, il ne s'agissait alors que de se connecter à la ligne téléphonique classique... Avec le modem interne sous Mac OS X, il n'y avait pas eu de problème. Mais avec un modem externe (US Robotics) survient un souci : il n'est pas aussi tolérant ou souple avec la ligne France Télécom...

En effet, la prise murale du téléphone est un ancien modèle, d'une époque de plus de 25 ans, avec 3 fiches en métal alignées verticalement, et non pas la prise en forme de T. Pourtant c'est une ligne téléphonique... Mais là, le modem externe ne sait plus l'utiliser. Encore un format qui sévit.

Finalement...

Finalement, le portable Apple est bien sûr resté avec Ubuntu et la prise France Télécom fut inutilisable. Et donc aucun article pendant les 4 jours avant celui-ci, publié à partir d'une prise récente et avec le modem externe. L'interopérabilité n'est pas forcément de mise, même avec des choses aussi simples en apparence qu'un CD Rom, un modem ou une ligne téléphonique. Voilà pour les coulisses de cette pause imposée.

Le royaume des DRM veut s'étendre

Le trou analogique sera-t-il verrouillé par les DRM aux Etats-Unis ?

La vie numérique... avec ses loisirs numériques : caméscopes, appareils photos, baladeurs, magnétoscopes, films, musique... tous numériques. Sur ces appareils et avec ces contenus, la liste des exemples de DRM est de plus en plus longue.

Mais il y a encore un maillon faible dans la chaîne numérique : lorsque le contenu reçu est analogique et qu'il va vers du numérique. Exemples : la télévision analogique dont les émissions sont enregistrées en numérique (sur un disque dur ou un DVD) ; la radio analogique enregistrée sur baladeur numérique. On parle de la faille du trou analogique.

Que faire, selon certaines associations d'industriels comme la MPAA (cinéma) ? Imposer l'obligation d'avoir des DRM dans les matériels pour controler les transferts. C'est la proposition de loi déposée au Sénat des Etats-Unis, le Digital Content Transition Security Act. Et en France, les DRM, dénommés mesures techniques de protection (MTP), sont prévus dans le projet de loi DADVSI, mais avec des débordements hors de la seule lutte contre la contrefaçon.

DRM ou mesures techniques de protection, cela va à l'encontre des standards ouverts et de l'interopérabilité. Excellent réveillon de Noël tout de même.

Sources et liens :

Les députés et les formats

Nos députés et les formats, informatiques ou pas

Après avoir assisté dans les gradins du public à 2 soirées de débat à l'Assemblée nationale, les 21 et 22 décembre, à propos du projet de loi DADVSI, voici quelques lignes sous l'angle des formats au sens large.

  • Le costume cravate est le format vestimentaire très majoritaire à l'Assemblée nationale, dû sans doute au format masculin très majoritaire.
  • Le format papier règne : que ce soit les textes des articles ou des amendements du président de séance, les dossiers sur les pupitres des élus, les feuilles à la main des députés qui s'expriment ou les papiers et enveloppes (de différents formats) échangés via les huissiers, pas la moindre trace d'informatique... et c'est bien, la souplesse de l'outil n'est pas encore à égalité.
  • Le format des votes : il y a ceux à main levée et ceux utilisant un bouton à presser lorsque des scrutins publics sont demandés ; il ne s'agit pas vraiment alors de vote électronique avec l'utilisation d'un logiciel et machine en réseau, mais en circuit très fermé.
  • Les styles et les tournures des propos tenus : la langue française avec de nombreux formats. Les réponses débutant par « Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés », et autres formules convenues sont régulières, dans un format policé, qui n'empêche pas les expressions du langage familier ni les formules assassines.
  • La neutralité des spectateurs qui assistent aux débats : ni « approbation » ni « improbation » sont exigées par le règlement et surveillées par le personnel présent, format neutre donc.

En plus de ces points, 2 questions se posent à propos des formats dans le projet de loi DADVSI :

  • l'interopérabilité et les formats ouverts, si souvent cités dans les débats, sont déjà définis par une loi française, votée en 2004 : cet article de loi a-t-il été oublié par les députés ? Il s'agit de l'article 4 du titre Ier du chapitre Ier de la LCEN, et dit : On entend par standard ouvert tout protocole de communication, d'interconnexion ou d'échange et tout format de données interopérable et dont les spécifications techniques sont publiques et sans restriction d'accès ni de mise en œuvre.
  • les dangers des monopoles et de l'absence d'indépendance technologique ont aussi été maintes fois signalés, avec Microsoft et Apple nommément cités et critiqués : et si le raisonnement était réellement appliqué ? Ainsi à propos du site Web de l'Assemblée (et ses technologies), des 2 formats video de la retransmission de séance (en WMA ou Real Video) et des fichiers utilisés par les députés (le .doc).

Enfin, un dernier petit exemple : j'ai ouvert le PDF du dossier de presse du Ministère de la culture... avec un éditeur de texte, pas avec un lecteur PDF. C'est illisible, sauf certains passages où on trouve tout de même les informations suivantes : le fichier a été créé avec Adobe PDFMaker 6.0 pour Word sur Windows par « MCC » le 19/12/2005 à 14h49.

Si une mesure technique de protection était appliquée à de ce fichier PDF, en le lisant autrement qu'avec le logiciel prévu, aurais-je contourné la protection ? aurais-je encore le droit de l'écrire et de faire part de ce qui s'y trouve ? Réponses, respectivement : oui et non. (MCC signifie sans doute Ministère de la Culture et de la Communication).

Sources et liens :

Deux considérations générales sur le cas particulier des formats

L'Assemblée nationale et ses débats : une considération ponctuelle et une plus large

Question ponctuelle : savez-vous quel est le lieu du moment à propos d'interopérabilité, de formats ouverts ou pas, d'archives électroniques, de bibliothèques numériques et des logiciels libres (et aussi de P2P, d'upload et autre download) ?

C'est l'Assemblée nationale (depuis le 20 et jusqu'au 23 décembre) avec les députés représentants les français qui en débattent : le projet de loi DADVSI éclipse presque les structures habituelles comme le W3C, l'IEEE, l'OASIS, l'IETF et autres communiqués de presse des industriels.

Question plus large : savez-vous quel triple changement est en cours pour les députés ? Ils le reconnaissent explicitement dans leurs interventions :

  • les internautes deviennent de plus en plus nombreux ;
  • le haut débit est de plus en plus répandu ;
  • les informations sont de mieux en mieux utilisées.

Résultat : les retansmissions sur le Web des débats des députés sont suivies, les compte-rendus disponibles sont lus, les listes de diffusion et les sites Web, dont les blog, relaient les informations.

Et si Internet permet cela, c'est grâce à ses standards ouverts et aux logiciels libres largement utilisés, notamment dans les infrastructures réseaux. Avec donc des conséquences sociales nouvelles et importantes : les formats techniques ouverts font passer les informations à un format plus ouvert pour les citoyens.

Source et liens :

Dossier DADVSI

Une chronologie à propos du projet de loi DADVSI

Avertissement : ce document de la catégorie Synthèse a été publié le 21 décembre 2005 et a été mis à jour le 7 janvier 2006. Cette chronologie ne se veut pas exhaustive, mais fournit certains points.

Le projet de loi DADVSI a été débattu en urgence les 20, 21 et 22 décembre 2005, les 7, 8 et 9 et les 14, 15 et 16 mars 2006 à l'Assemblée nationale. Le vote final a eu lieu le 21 mars. Il envisage de rendre obligatoires les DRM dans les logiciels et les contenus : cela signifierait l'interdiction des logiciels et contenus libres, des standards ouverts et même d'Internet. Le Sénat l'étudie les 4, 9 et 10 mai, avec vote le 10 mai. Une Commission Mixte Paritaire (CMP) est prévue le 22 juin.

  • 20 décembre 2005, soirée : 5 députés UMP, MM. Bernard Carayon (Tarn), Richard Cazenave (Isère), Claude Goasguen (Paris), Lionel Luca (Alpes-Maritimes) et Jacques Remiller (Isère) publient un communiqué intitulé Dadvsi, des Lumières à l'obscurantisme technologique, ou l'occasion manqué. Ils y critiquent le projet de loi DADVSI qui «va peut-être rater une occasion unique de réconcilier le consommateur avec le droit d'auteur et finalement fragiliser la diversité culturelle par un inutile mécano juridique destiné à protéger des oligopoles dépassés par le progrès technique et les réseaux»

  • 21 décembre 2005 : article de Libération, La réforme du droit d'auteur discutée à l'Assemblée est un risque pour la diversité culturelle. Coup de frein sur le Net, de Bernard Carayon (député UMP du Tarn) et Muriel Marland-Militello (député UMP des Alpes Maritimes), http://liberation.fr/page.php?Article=346429
  • 21 décembre 2005, 8h20 : interview de Renaud Donnedieu de Vabres sur Europe 1
  • 21 décembre 2005, 23h30 : vote de 2 amendements (153 et 154), 28 contre, 30 pour, qui va à l'encontre de l'approche générale du projet de loi et qui indique : De même l'auteur ne peut interdire les reproductions effectuées sur tout support à partir d'un service de communication en ligne par une personne physique pour son usage privé et à des fins non directement ou indirectement commerciales, à l'exception des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde, à condition que ces reproductions fassent l'objet d'une rémunération telle que prévue à l'article L. 311-4.
  • 22 décembre 2005 : toute la journée, nombreuses réactions d'artistes et de responsables politiques dans la presse, la radio, ou à la télévision, y compris mini-manifestation regroupement d'artistes au café proche de l'Assemblée nationale ; poursuite des débats, qui cessent à 00h30 le vendredi 23 décembre.
  • 23 décembre 2005 - 17 janvier 2006 : pause parlementaire, avec reprise des débats sur le projet de loi DADVSI annoncé pour le mardi 17 janvier ;

DADVSI : les documents de la conférence de presse du Ministre

Le dossier de 9 fiches remis à la presse

Les informations à propos du projet de loi DADVSI se succèdent en s'accélérant : fin septembre, l'annonce de l'urgence du projet de loi DADVSI ; le 14 décembre, les déclarations de M. Sirinelli et le 19 décembre, les citations du Ministre. Voici un nouvel élément : le dossier remis à la presse le 19 décembre.

C'est un article de Bertrand Lemaire du Monde Informatique qui signale et commente ce dossier. Il s'agit d'un document de 16 pages au format PDF, intitulé Projet de loi Droits d'auteurs, droits voisins dans la société de l'information lundi 19 décembre 2005 et comportant 9 fiches. On y lit différents points (gras ajouté) :

De ce point de vue, la gratuité est un mythe, destructeur de la création la plus audacieuse et la plus innovante. (Fiche 1, Principes et enjeux du projet de loi sur le droit d'auteur)

L'interopérabilité est nécessaire pour les industries culturelles et pour les consommateurs, car elle facilite les usages et favorise la concurrence. Mais trop d'interopérabilité nuit à la sécurité de la protection des œuvres. L'interopérabilité nécessite en effet de partager les clefs de cryptage ou des secrets. (Fiche 8, Le logiciel libre)

Le projet de loi ne concerne qu'un tout petit domaine du logiciel libre, celui des logiciels de lecture des œuvres protégées. [...] Les mesures de protection n'empêchent pas l'utilisation de logiciels libres, mais la diffusion du code source pourrait constituer un risque pour la sécurité de la mesure technique. (Fiche 9, Questions / Réponses, point 16)

On ne peut que redire que :

  1. le problème de la contrefaçon de contenus, qui est un délit, existe et doit être résolu (le piratage n'est pas le terme exact : pirater est un crime, avec menace et contrainte sur personnes, comme les pirates de l'air, de la route ou maritime) ;
  2. tous les contenus disponibles (textes, images, musique, logiciels,...) ne sont pas tous diffusés par les canaux commerciaux ;
  3. il n'est pas possible d'exiger des mesures techniques de protection sur tous les contenus et rendre illégaux des logiciels qui ne gèrent pas les mesures techniques de protection sans remettre en cause les standards ouverts, l'interopérabilité, les logiciels libres et Internet (qui repose sur des logiciels libres).
Sources et liens :

Formats ouverts, DRM, DADVSI : déclarations inquiétantes du Ministre

Renaud Donnedieu de Vabres a présenté à la presse le projet de loi DADVSI

L'agenda du Ministre de la culture indiquait pour le lundi 19 décembre de 9h30 à 10h30 : « Présentation à la presse du projet de loi de transposition de la directive sur les droits d’auteur et droits voisins dans la société de l’information ». Après les déclarations de M. Sirinelli le 14 décembre, le Ministre prenait la parole face aux journalistes.

La presse a relaté cette présentation du projet de loi DADVSI, qui est examiné par l'Assemblée nationale le 20 et 21 décembre, suivant la procédure d'urgence. Parmi les articles publiés, certains passages, dont des citations du Ministre, traitent des DRM (appelés les « mesures techniques de protection » dans le projet de loi) et de l'interopérabilité. Elles sont inquiétantes :

« Les mesures techniques de protection ne sont pas des mesures de verrouillage des œuvres et de la copie : en intégrant des systèmes de gestion des droits, elles permettent au contraire l'émergence de nouvelles offres et de nouveaux modèles économiques », a insisté le ministre, soulignant également que le texte encourage l'« interopérabilité » des systèmes. (Source : dépêche AFP).

Pourtant, dans le domaine de la musique numérique par exemple, la situation est tout le contraire : les mesures techniques de protection propres à chacun des acteurs (Apple, Sony, Microsoft) ne permettent pas l'interopérabilité, empêchent la lecture sur certains baladeurs et limitent le nombre et le type de machines pouvant jouer les fichiers.

Comme l'a rappelé le ministre, le projet de loi n'impose aucune technologie ni format de codage et encore moins de logiciel de lecture. Il reconnaît néanmoins que le texte peut interdire la diffusion et l'usage des logiciels libres « si l'on peut prouver l'intention de faciliter les contournements des protections ». Or, un auteur de logiciel libre est, par respect de la licence qu'il a choisi, contraint de publier le code source du logiciel. Y compris celui du format de fichier propriétaire, généralement obtenu par reverse ingineering, que le logiciel permet de lire. La publication de ces codes peut donc être considérée comme un moyen de contourner les mesures techniques. La question repose donc sur la définition d'une mesure technique et si elle s'étend au format de fichier. Auquel cas, même une suite bureautique libre comme OpenOffice.org, qui lit les format Microsoft Office, pourrait être considérée comme illégale. (Source : article de VNUnet, encadré final Le projet de loi vise-t-il les logiciels libres ?)

Donc seuls certains logiciels pourraient être habilités à lire les contenus disposant de mesures techniques de protection. Les logiciels libres VLC de l'École Centrale de Paris (lecteur multimedia) ou OpenOffice.org (suite bureautique, utilisée entre autres sur les 70 000 ordinateurs de la Gendarmerie nationale et par des ministères) seront donc hors la loi. Sans parler des particuliers voulant regarder un DVD ou écouter un CD avec l'outil de leur choix autre que celui prévu par les éditeurs. Les standards ouverts ne seront plus de mise.

Sources et liens :

En musique numérique, ô surprise, un format ouvert utilisé par tous !

Quand les industriels de la musique utilisent tous un format ouvert d'affichage

Ouvrez les catalogues publicitaires de Noël et vous y trouverez au moins un format ouvert en musique numérique, utilisé par tous ! Pourtant il reste assez méconnu : ID3 Tag. Et il dénote au milieu des formats fermés de musique de chacun, concurrents et incompatibles...

ID3 Tag est utilisé pour afficher des informations sur le morceau (comme le titre, l'interprète, la durée, l'album,...) : ID3 Tag est un format ouvert, de type métadonnées. Il est même possible de compléter ces informations (ajouter des mots clés, préciser une catégorie personnelle,...) avec les nombreux logiciels qui savent utiliser le format ID3 Tag. Et comme il est ouvert, il est possible à tous (fabricants de matériels, auteurs de logiciels,...) de l'utiliser.

Finalement, au royaume de la musique numérique règnent des formats fermés des éditeurs, sans interopérabilité... sauf quand un format ouvert aide bien pour un point particulier. Pour en tirer partie, les éditeurs ont alors l'esprit moins fermé que leur format.

Sources et liens :

Foo (Fighters) contre les DRM de Sony BMG

Des groupes de musique critiquent et agissent contre les protections des CD de Sony

Les Foo Fighters sont un groupe de rock né en 1995. Avec d'autres artistes comme Dave Matthews Band, Switchfoot et My Morning Jacket (MMJ), ils ont fait savoir qu'ils condamnent la pratique de Sony qui place des verrous logiciels sur des CD audio de son catalogue : ils sont clairement contre les DRM. MMJ va même plus loin : il a demandé aux acheteurs de leur renvoyer leur CD avec DRM et ils en retournent des gravés sans DRM !

En France, des artistes qui refusent les DRM qui seraient rendus obligatoires par le projet de loi DADVSI qui doit protéger les artistes, voilà qui serait inédit. (Précision et clin d'œil : sur Formats-Ouverts.org (soit... FOo en abrégé), il n'y a pas de combattants (fighters) mais diverses catégories pour la promotion des standards ouverts et de l'interopérabilité.)

Sources et liens :

Les standards ouverts vus depuis Genève : un document

Un document riche à propos des standards ouverts et de l'interopérabilité

Les standards ouverts et l'interopérabilité sont des sujets stratégiques : plusieurs États ont déjà pris position en leur faveur en soulignant leur volonté de les utiliser.

L'État de Genève a lancé le projet SOLL, Standards Ouverts - Logiciels Libres en vue de l'adoption de ces deux points. Fin septembre 2005, un document de 36 pages a été publié par l'Observatoire Technologique, Centre des technologies de l'information de la République et Canton de Genève. Intitulé Standards ouverts et logiciel libre, Clarification des notions, les auteurs, P. Genoud et G. Pauletto dressent un panorama complet de la situation, en traitant en détails :

  • de l'interopérabilité (organisationnelle, sémantique, technique) ;
  • des différentes définitions des standards ouverts (dont celle de la France), schéma et tableau à l'appui ;
  • de différentes politiques gouvernementales (10 cas : Belgique, Brésil, Danemark, Massachussets, France, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse, Union Européenne).

Un document riche qui pointe l'importance du sujet et les nuances possibles, notamment dans les définitions retenues, plus ou moins complètes.

Sources et liens :

De nouveaux éléments, 1 an après le début de l'affaire des bibliothèques numériques

Des faits nouveaux et des questions à propos des bibliothèques numériques

14 décembre 2004 : il y a un an, Google annonçait son projet Google Print Library. Depuis, le sujet de bibliothèque numérique a suscité des réactions et des reprises par différents pays ou par d'autres sociétés, avec plusieurs autres projets et de nombreuses annonces et décisions : le dossier des bibliothèques numériques est riche. Voici de nouveaux éléments à y verser.

Des faits nouveaux récents

Le 14 novembre s'est tenu à Bruxelles un conseil des ministres de la Culture et de l'Audiovisuel : le sujet de la bibliothèque numérique y était traité :

Les ministres ont finalement procédé à un échange de vues sur la communication de la Commission "i2010: bibliothèques numériques". (texte du communiqué de presse du Luxembourg, rien du côté français)

Google a annoncé mi-novembre que le nom de son projet Google Print disparaissait au profit de Google Book Search (mais l'adresse est Books.Google.com, avec un pluriel).

Le 17 novembre avec se tenait à Paris une rencontre entre représentants de la BnF (Bibliothèque nationale de France) et de la BL (British Library), alors que cette dernière a annoncé un « partenariat stratégique » avec Microsoft portant sur la numérisation.

Les éditeurs allemands ont annoncé qu'ils souhaitent numériser eux aussi des livres, sans passer par le projet de Google.

Google a acheté des noms de domaines avec les termes paper, microfilm et magazine, ce qui peut laisser penser à une utilisation prochaine. De plus Google envisage de louer en ligne des livres.

Enfin le ministre de la culture a présenté le 5 décembre au Sénat le budget de son ministère, avec l'annonce du montant du budget pour le comité de pilotage de la bibliothèque numérique européenne :

Enfin, le comité de pilotage de la bibliothèque numérique européenne, que je préside, avance et sera doté de 400 000 euros l’an prochain, si vous adoptez le budget qui vous est soumis, afin que de ce grand et beau projet, voulu par le Président de la République, jaillissent de nouvelles sources de connaissances et de découvertes accessibles à tous les publics.

Quelques questions qui demeurent

Le 14 décembre 2005 avait été annoncée comme la date de remise au Président de la République du Livre blanc à propos de la bibliothèque numérique européenne : cela ne semble pas avoir été le cas, alors quand sera-t-il remis et publié ?

Le troisième comité de pilotage s'est réuni le 17 octobre 2005. Mais il n'y a pas eu de compte-rendu public, contrairement aux deux précédents de juillet et d'août. De plus pas de quatrième réunion du comité en novembre, d'après l'agenda en ligne du ministre de la culture (et le même agenda n'indique rien pour le jeudi 15 et vendredi 16) : quel est le calendrier prévu ?

Qu'en est-il des bibliothèques nationales francophones dans le projet de bibliothèque numérique mené par la France ? D'autant que l'année 2006 sera celle de la francophonie.

Enfin, qu'en est-il des formats et protocoles utilisés : seront-ils bien ouverts, comme indiqué par M. Jeanneney à Bordeaux le 13 octobre dernier ? Il y va entre autres de l'interopérabilité des données, comme développé dans la lettre ouverte du 1er juillet.

Sources et liens :

Formats ouverts, DRM, DADVSI : déclarations de M. Sirinelli

Les réponses de M. Sirinelli sur les formats ouverts et les DRM dans le projet de loi DADVSI

Le 14 décembre, M. Pierre Sirinelli, « président d'une commission sur la distribution des contenus numériques en ligne du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique » (CSPLA) était l'invité avec Joëlle Farchy (vice-présidente) d'un chat du journal Le Monde. Il a répondu à des questions sur les DRM, l'interopérabilité et les standards ouverts dans le projet de loi DADVSI (gras ajouté) :

Céline : Est-ce qu'une ou des dispositions du projet de loi peuvent rendre obligatoires les DRM pour tous les logiciels, ce qui serait une menace directe pour tous les logiciels libres et les formats ouverts ?

Pierre Sirinelli : Non. La commission a plusieurs fois amendé ses propositions de textes. Et alors que les premiers projets pouvaient conduire à l'obligation d'intégrer des DRM, la rédaction finale ne comporte plus aucune obligation de ce type. La commission, par exemple, a été sensible aux arguments présentés par les tenants du logiciel libre.

Rostro : Le manque d'inter-opérabilité des solutions légales n'est-il pas un obstacle au développement de ces offres ?

Joëlle Farchy : Si. Dans notre rapport, nous avons bien spécifié que l'inter-opérabilité ou la compatibilité étaient des objectifs fondamentaux si l'on voulait mettre en place des offres légales qui soient acceptées par les consommateurs.

Enfin, il n'est pas exclu qu'un « représentant du libre » soit nommé au sein du CSPLA : « Il n'est pas impossible qu'en 2006 le CSPLA mette dans ses travaux l'étude des questions relatives au libre. ». Au vu de la place importante des logiciels libres, cela serait pour le moins normal (la composition du CSPLA relève d'une décision du ministre de la culture).

Sources et liens :

Lire aussi l'article sur les déclarations inquiétantes du Ministre de la culture le 19 décembre.

L'ADAE au CNIT et les standards ouverts

L'ADAE au forum européen de l'administration électronique : pour les standards ouverts !

Le 13 et 14 décembre se déroulait au CNIT (Paris La Défense) le Forum Européen de l'Administration Electronique. L' ADAE (Agence pour le Développement de l'Administration Electronique) y tenait un stand, le Village de l'administration en ligne, au centre de l'espace d'exposition. Ordinateurs avec Windows, ordinateurs Apple avec Mac OS X et ordinateurs avec Mandriva Linux étaient en démonstration, avec entre autres la suite bureautique OpenOffice.org.

Une des affiches du stand indiquait :

Formats ouverts interopérabilité, une nécessité pour l' administration française.

Et ce mercredi 14, une des conférences, effectuée par Jean-Paul Degorce-Dumas (Ministère de la Défense, DGIC) était intitulée :

Standards ouverts, vecteur d'indépendance et de maîtrise des systèmes d'information de l'administration.

Les sujet des standards ouverts et de l'interopérabilité y auront donc été clairement affichés et dévelopés. Un élément à verser au dossier sur les états et les standards ouverts.

Sources et liens :

Le format Kong

Kong quand tu nous tiens

Dans l'actualité, impossible d'échapper au Kong : coïncidence ou coordination mondiale ? Car c'est au moment où l'organisation mondiale du commerce se réunit à Hong Kong... qu'a lieu la sortie mondiale du film King Kong... (il ne manque plus que le King : Elvis revient !).

Il en est ainsi de certains sujets du moment très médiatisés : ils semblent imposer leur format (non-électronique). Ainsi par exemple la mode Harry Potter qui le met au format livre, film, jeux video, accessoires, aliments ou vêtements...

Sources et liens :

Le format sourire en version 2.1

Publication du format SMIL 2.1

Début 2005, le 7 janvier, le W3C publiait la version 2.0 du format ouvert de la famille XML, SMIL.

Depuis le 13 décembre, SMIL 2.1 est la nouvelle recommandation du W3C. SMIL signifie Synchronized Multimedia Integration Language (Langage d'Intégration Multimédias Synchronisés ; à prononcer comme smile en anglais, sourire) et permet d'écrire des présentations multimedia interactives et de réutiliser des composants SMIL dans d'autres langages basés sur XML (comme XHTML, SSML, XForms ou SVG).

Voilà donc une nouvelle version d'un format ouvert qui complète la série de ceux qui existent déjà, pour plus de possibilités, notamment multimedia, et avec plus d'interopérabilité.

Sources et liens :

L'Europe et les standards ouverts en 2005, pour i2010

L'Europe veut des standards ouverts et l'écrit (partie 2)

Déjà en 2003, l'Europe se souciait d'interopérabilité et de standards ouverts et elle l'a inscrit aussi cette année pour 2010.

Ainsi, dans le cadre de l'important programme i2010, la « Communication de la Commission au Conseil, au Parlement européen, au Comité économique et social européen et au Comité des régions » de juin 2005, intitulée « i2010 - Une société de l’information pour la croissance et l’emploi », il est indiqué (gras ajouté) :

La convergence numérique nécessite des équipements, des plateformes et des services pour assurer l’interopérabilité. La Commission a l’intention d’utiliser tous les instruments disponibles pour favoriser les technologies communicantes, par la recherche, la promotion de standards ouverts, le soutien au dialogue entre les acteurs concernés, et, le cas échéant, par des instruments légaux. C’est cette combinaison de politiques qui fut à la base de la réussite de la téléphonie mobile européenne. Dans le cadre de i2010, la Commission cherchera également à établir une approche globale pour une gestion efficace et interopérable des droits numériques.

Le sujet « des droits numériques », c'est-à-dire l'utilisation des DRM, est aussi cité, avec cependant la difficulté de rendre interopérable des DRM qui par nature ne sont pas interopérables car ils posent des limitations. (On peut regretter que le document sur i2010 soit au format Word, ce qui n'illustre pas vraiment les standards ouverts).

Sources et liens :

L'Europe et les standards ouverts en 2003, pour 2005

L'Europe veut des standards ouverts et l'écrit

Myosotis, ne m'oubliez pas : en 2003, l'Europe se souciait d'interopérabilité et de standards ouverts et l'avait inscrit dans ses décisions.

Ainsi dans la « Communication de la Commission au Conseil, au Parlement européen, au Comité économique et social européen et au Comité des régions » du 26 septembre 2003, intitulée Le rôle de l'administration en ligne (egovernement) pour l'avenir de l'Europe, on lit dans la partie 4.2.6 Interopérabilité (page 21, gras ajouté) :

L'interopérabilité est le moyen par lequel les systèmes, les informations et les méthodes de travail sont interconnectés: à l'intérieur des administrations ou entre ces dernières, au niveau national ou à travers toute l'Europe, ou avec les entreprises.

Au niveau technique, l'utilisation des standards ouverts peut contribuer à cette intégration. En outre, les administrations acquièrent de l'expérience avec les logiciels à code source 'ouvert'(open source) considérant le coût, la sécurité, ainsi que les avantages autres, notamment la facilité d'intégration.

Il faut promouvoir, notamment par le truchement des programmes communautaires adéquats, l'échange d'expérience dans l'utilisation des standards ouverts et des logiciels open source parmi les administrations.

Dans l'interopérabilité, il ne s'agit pas seulement d'interconnecter des réseaux d'ordinateurs, mais aussi de traiter des questions d'organisation, telles que la coordination de processus qui dépassent les limites internes des organisations, et assurent l'interfonctionnement avec des organisations partenaires dont l'organisation interne et le fonctionnement peuvent différer.

Et en Annexe dans le Tableau des actions, en point 12 et 13 avec échéance en 2005 :

L'échange d'expérience dans l'utilisation de standards ouverts et de logiciels open source parmi les administrations doit être encouragé, notamment par les programmes communautaires adéquats.

Le cadre d'interopérabilité pour la fourniture de services d'eGovernment paneuropéens à la population et aux entreprises au sens de l'initiative "eEurope 2005" doit être adopté dans sa première version.

Sources et liens :

Lire aussi l'article sur l'Europe qui préconise les standards ouverts pour son programme i2010

Quand un fabricant arrête de s'occuper de votre produit

Le début de la fin pour la N-Gage, avant l'arrêt définitif ?

Nokia a annoncé que son produit N-Gage, téléphone-console de jeux portable lancé en 2003 n'avait pas eu le succès attendu : pas assez de ventes. Sans cesser sa commercialisation, Nokia a indiqué que la console N-Gage ne sera pas une priorité en 2006, même si de nouveaux jeux sont prévus. La société se concentre sur la musique et la video sur portables, attendant 2007 pour se pencher à nouveau sur les jeux video sur mobiles.

Voilà des tournures à un format diplomatique pour signifier en termes plus clairs que la N-Gage va progressivement s'éteindre, plus vraiment soutenue par Nokia. Ce n'est pas une première : outre l'échec d'un produit, il peut aussi cesser car en fin de vie (du fait des évolutions des technologies ou des goûts des acheteurs). Dans le domaine des jeux video, beaucoup d'autres consoles de jeux ont déjà disparu, et les actuels Sony PSP, Nintendo DS et autres Microsoft Xbox360 disparaîtront aussi.

Les jeux produits pour la N-Gage, comme ceux d'autres consoles, deviendront des pièces de collection et des reliques d'un certain âge numérique, avec l'obligation d'avoir une machine en état de marche pour utiliser leurs jeux, notamment en premier lieu du fait du format du support (cartouche dédiée, CD-ROM spécial).

Mais quel est le rapport avec les formats ouverts ? Les documents créés !

L'arrêt d'un produit électronique signifie ici impossibilité d'utiliser les données réalisées par lui et pour lui. Même si cela peut concerner un nombre important de jeux, cette perte est en un sens minime. En effet, elle concerne les jeux, et aussi merveilleux soient-ils (il en existe), un point capital rend cette perte moins grave : il ne s'agit pas de données que vous avez créées avec cet outil.

Car qu'arrive-t-il quand le produit qui disparaît est le logiciel que vous utilisez pour produire et lire vos documents (suite à une décision de l'éditeur ou à sa disparition), et que seul cet outil était capable de les créer et de les manipuler, sans rien savoir sur le fonctionnement de l'un ni de l'autre ? Plus de logiciel signifie plus de données utilisables car les formats sont fermés et exclusivement liés à un outil : vos archives, votre patrimoine numérique deviennent inexploitables.

Avec des formats ouverts, ce problème de conservation et d'archivage ne se pose pas, et l'interopérabilité est assurée pour que de multiples outils manipulent les données qui ne sont ainsi pas verrouillées.

Sources et liens :

Archivage électronique, archivage du Web

Deux ressources sur le sujet de l'archivage numérique

Ère numérique, de la volatilité à l’archivage, tel était le titre de la rencontre du jeudi du 10 novembre matin, organisée par l'ADAE et la Direction des Archives de France (DAF, du Ministère de la Culture). Le site de l'ADAE propose les 5 documents de cette manifestation qui « a présenté l’état des lieux de l’archivage électronique au sein de l’Administration et le programme des actions envisagées », avec :

  • un état des lieux ;
  • le plan d’action de l’administration ;
  • archivage et sécurité ;
  • un témoignage d’une collectivité territoriale ;
  • une plate-forme technique.

Le site BlogOKat est à l'origine de l'information ci-dessus, et il traitait fin janvier du sujet de l'archivage du Web et du dépôt légal des sites. L'article, Archivage et dépôt légal du web, donne une série de références et de liens à propos des aspects techniques, juridiques et méthodologiques.

Pour ces deux sujets importants liés à l'archivage, l'utilisation des standards ouverts est la réponse technique, comme cela a déjà été développé dans l'excellent ouvrage Les archives électroniques, Manuel pratique de Catherine Dhérent.

Sources et liens :

Fin du 600e article de Formats-Ouverts.org.

Achat d'ordinateur : c'est formatage ou désert

Les Journées Détaxe 2005, pour l'application de la loi

La loi française est claire pour définir les formats ouverts. Elle l'est aussi à propos des ordinateurs : elle indique que les logiciels et le matériel sont de nature différente. Cela signifie qu'il est possible d'acheter un ordinateur de marque sans les logiciels, sinon il s'agit de vente subordonnée. Cette disposition de la loi a été confirmée en 2005 à 5 reprises dans des réponses du gouvernement à des questions écrites de députés.

Cependant, entre la loi et son application, il y a ici des écarts. C'est pourquoi, pour informer les consommateurs de leur droit d'acheter un ordinateur sans logiciel et demander , 2 journées d'information sont lancées le 9 et 10 décembre, les Journées Détaxe 2005. Elles sont organisées par le Groupe de Travail Détaxe de l'AFUL, avec le soutien des associations AFUL, APRIL, Free Software Foundation France, ADULLACT, CETRIL, SCIDERALLE et la société Mandriva.

Pour résumer la situation en un slogan : Ordinateur neuf acheté, vous avez le choix entre le formatage ou le désert : le disque dur au format Windows, Mac OS ou Unix (par exemple Mandriva Linux) avec ces logiciels installés, ainsi que d'autres ; ou le disque dur désert et vide de tout logiciel.

Sources et liens :

«Interopérabilité des systèmes d'information», dit le Conseil des Ministres

Une ordonnance ministériel exige l'interopérabilité

Lors du conseil des Ministres du mercredi 7 décembre 2005, une ordonnace a été présentée par le ministre délégué au Budget et à la Réforme de l’État, Porte-parole du Gouvernement. Elle porte sur les échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives. Son paragraphe de fin indique (gras ajouté) :

L'ordonnance prévoit enfin des dispositions relatives à la sécurité des échanges et à l'interopérabilité des systèmes d'information destinés à rendre compatibles les différents systèmes des administrations. Un référentiel général de sécurité fixera les règles auxquelles les administrations devront se conformer pour garantir la sécurité des échanges. Un référentiel général garantira l'interopérabilité afin de faciliter les échanges d'informations entre administrations, après accord de l'usager.

L'interopérabilité est capitale pour échanger, à moins de ne plus avoir qu'un seul système identique (et donc sans aucune diversité) et elle repose sur les standards ouverts. L'interopérabilité a déjà été mise en avant par le conseil des ministres (ou par d'autres instances) à propos de différents autres dossiers :

Sources et liens :

Voici le cinquième PdF

Palmarès des Formats (PdF) recensés par Google sur Internet

Après la tentative de juillet, il y eut le premier PdF en août, puis en septembre, en octobre et en novembre. Voici donc en ce début décembre une nouvelle photographie des formats présents sur Internet et recensés par le moteur de recherche Google en utilisant la recherche avancée (la méthode reste la même : demander une page sans un mot inexistant et dans un format particulier), avec des formats ouverts ou pas, et sans distinction de langue :

  • Tous formats : environ 9 670 000 000
  • HTML : environ 2 190 000 000, soit 22,64%
  • HTM : environ 748 000 000, soit 7,73%
  • SHTML : environ 233 000 000, soit 2,41%
  • PDF : environ 195 000 000, soit 2,01%
  • Flash (swf) : environ 44 900 000 soit 0,46%
  • doc : environ 28 300 000, soit 0,29%
  • xml : environ 24 700 000, soit 0,25%
  • txt : environ 18 400 000, soit 0,19%
  • ppt : environ 9 340 000, soit 0,09%
  • PS : environ 6 960 000, soit 0,07%
  • xls : environ 6 700 000, soit 0,07%
  • rtf : environ 3 490 000, soit 0,03%
  • XHTML : environ 2 380 000, soit 0,02%
  • php : environ 248 000 000, soit 2,56%
  • asp : environ 376 000 000, soit 3,88%
  • rss : environ 1 810 000, soit 0,02 %
  • tex (TeX et LaTeX) : environ 1 920 000, soit 0,02%
  • rdf : environ 1 850 000, soit 0,02%
  • jpg : environ 5 500 000, soit 0,08%
  • jpeg : environ 469 000, soit 0,005%
  • png : environ 1 330 000, soit 0,01%
  • gif : environ 3 580 000, soit 0,04%
  • Tous les résultats ci-dessous représentent moins de 0,01% (sauf les formats deb et cfm)
  • SVG : environ 314 000
  • sxw (traitement de texte d'OpenOffice.org avant la version 2.0) : environ 156 000
  • exe : environ 838
  • deb : environ 2 840 000, soit 0,03%
  • rpm : environ 16 700
  • cfm : environ 157 000 000, soit 1,62%
  • zip : environ 132 000
  • rar : environ 21 600
  • odt : environ 10 200
  • ods : environ 262
  • odp : environ 779
  • Mesure effectuée le mercredi 7 décembre 2005, entre 19h00 et 19h20, heure de Paris. Ces chiffres ne sont que des indications, il n'y a rien d'officiel ni d'absolu. Il y a toujours des questions sans réponse à propos des méthodes de calcul de Google (comme htm est-il inclus dans html ?).

Remarques :

  • le format ouvert SVG, à l'honneur avec Firefox 1.5 ne fait pas encore de bond spectaculaire, mais sera à suivre (comme l'OpenDocument Format).
  • par rapport à novembre, les résultats de cette mesure ne changent guère, avec de légères augmentations ou diminutions ; une anomalie flagrante : les fichiers .exe passent de 2 590 000 à 838.

On a toujours le format brut (ou absolu), avec par exemple des millions de fichiers, mais qui correspondent en format relatif, (en pourcentage) à bien moins... (2 380 000 fichiers XHTML, soit 0,02% !). Suivant le format utilisé, l'information aura plus ou moins d'impact...

Sources et liens :

Formats-Ouverts.org est pour les standards ouverts

Contre le projet de loi DADVSI actuel qui interdirait les standards ouverts ou les logiciels libres

Le projet de loi DADVSI (Droits d'Auteur et Droits Voisins dans la Société de l'Information) prévoit d'interdire les contenus et les logiciels sans DRM. Cela signifie aussi une interdication des standards ouverts (pas de DRM) et d'Internet même (les formats et protocoles ouverts utilisés n'ont pas de DRM). Le site Formats-Ouverts.org demande le retrait de ce projet de loi, dont le débat est prévu juste avant Noël et selon la procédure dite en urgence. Un vrai débat est nécessaire, car le sujet concerne tous les acteurs de la société de l'information.

C'est pourquoi ma signature à la pétition demandant le retrait de l'ordre du jour parlementaire du projet de loi DADVSI a été ajoutée (parmi de nombreuses autres), avec aussi une bannière sur le site en haut de page.

Le DRM, le Droit de Rester Maître, OUI (sur sa machine, de ses données, avec les outils libres, avec les standards ouverts); le DRM, Devoir de Rester Manipulé, NON : pas de DRM pour verrouiller et contrôler abusivement.

Source et liens :

Voici un peu de SVG

Firefox lit du SVG, en voici un modeste exemple pour en parler

Le SVG est un format ouvert , de la famille XML, établi par le W3C et qui concerne les aspects graphiques (images fixes comme animations). Il est promis à un bel avenir, qui pourra se concrétiser grâce :

  1. à des outils pour créer des documents en SVG ;
  2. à des outils pour lire le SVG.

Pour le premier point, des logiciels comme OpenOffice.org ou Inkscape enregistrent au format SVG. Pour le second point, le navigateur Opera comprend du SVG, Adobe propose une extension qui le permet aussi, et depuis le 29 novembre, Firefox 1.5 et ses formats propose du SVG (mais pour aucun il ne s'agit de tout le SVG).

Après la théorie, voyons donc la pratique avec une petite illustration modeste en SVG :

  • basée sur un court texte, avec du gras, 3 couleurs et 1 lien hypertexte sur une forme géométrique simple (et colorée) ;
  • écrite avec un éditeur de texte (donc en saisissant le code SVG) ;
  • mais sans animation, sans effet pointu, sans forme évoluée... c'est-à-dire sans beaucoup des possibilités offertes par le SVG.

Bon SVG à toutes et à tous.

Sources et liens :

Conférence à la cyber-base

Rendez-vous à la Cité des Sciences à Paris

Après Soissons (le 3 décembre) et Montpellier (le 9 et 10), j'assurerai une conférence à Paris le samedi 17 décembre. Elle aura lieu de 15h00 à 16h30, avec questions-réponses, et s'intitule :

Vos données numériques sont en péril : agissez en utilisant les formats ouverts.

Dans un monde de plus en plus numérique (texte, photo, musique, video, Internet, téléphone, télé, jeux video,...) il devient capital d'utiliser les formats ouverts pour communiquer, pour partager et pour conserver les données numériques, avec des questions comme l'interopérabilité ou l'archivage.

L'emplacement est à la Cyber-base de la Médiathèque de la Cité des Sciences et de l'Industrie (Le Carrefour numérique), niveau -1 ; entrée libre et gratuite.

Sources et liens :

Harry Potter, mais à quel format ?

Harry Potter, un exemple de la multitude des formats

Harry Potter est en vedette : après la sortie du nouveau livre (et le couac en juillet sur sa date de lecture autorisée), c'est au tour du nouveau film. On peut donc parler du phénomène Harry Potter encore plus présent depuis le 30 novembre... qui a aussi été le jour de Firefox, sorti la veille en version 1.5 (c'est presque un match, le format Harry Potter contre le format Firefox, pourrait-on dire humoristiquement).

Harry Potter est un excellent exemple des très nombreux formats possibles et des déclinaisons en d'autres formats (y compris non-électroniques) du livre de départ :

  • au départ donc, le format papier (le support), avec des livres à différents formats (dimension), dont le format poche (du livre du même nom) ;
  • un texte au format de la langue anglaise, mais traduit dans bien d'autres langues depuis ;
  • le format livre numérique est aussi possible ;
  • le format livre audio, au format CD audio ou fichier vendu en ligne... au format de codage AAC d'Apple ;
  • le format cinéma avec les sorties des films en salle, puis les formats DVD, DVD Collector ou VHS, avec des images à d'autres formats ;
  • le format jeux video, avec 7 formats disponibles (Xbox, PC Windows, GameCube, PlayStation 2, GameBoy Advance, Nintendo DS, PSP) ;
  • le format juridique de la licence des produits dérivés : le point clé pour autoriser (ou pas) des produis utilisant Harry Potter, comme les jeux (de société, de cartes), les vêtements, les produits alimentaires ou divers objets ;
  • le format hamburger est interdit ! En effet, la créatrice du livre, Joan K. Rowling, a refusé dans les clauses des licences les exploitations commerciales de Harry Potter en rapport avec les hamburgers.

De tous les formats de codage (et de support), celui du livre papier est peut-être le moins avancé techniquement (du papier, du carton), mais le plus simple à utilise (pas de branchement, pas d'appareil spécial pour l'utiliser) et véritablement ouvert. Tous les autres formats de codage (audio, video, cinéma, jeux video) sont plutôt fermés, avec les problèmes d'interopérabilité.

On peut même parler du format sigle (HP), utilisé par les fans, les services de communication et de marketing, qui parlent de HP4, le quatrième Harry Potter (plutôt le film) ou de HP6 (le sixième livre).

Sources et liens :

Mais pourquoi le navigateur Web est-il si important ?

Encore le sujet des navigateurs, encore Firefox ? Oui, car ils sont très importants !

Mercredi 30 novembre était le jour de Firefox, pourrait-on dire. En effet avec sa sortie au cours du mardi 29 novembre, le 30 était le premier jour complet... celui où les sites Web, les listes de diffusion et les media se mettent vraiment à en parler, et celui où les téléchargements commencent à grimper.

Mais pourquoi tant d'attention : pourquoi le navigateur est-il si important ?

  • Au début, le rôle d'un navigateur était simple (afficher des pages Web)...
  • ... puis il est devenu plus complexe (restituer les mises en page élaborées et modernes, être plus riche et mais rester ergonomique, prévenir et empêcher les actions malveillantes, respecter la vie privée,...).
  • Au début, la place du navigateur était stratégique mais faible (peu de contenu en ligne, peu d'utilisateurs)...
  • ... puis elle est devenue incontournable (pages de sites Web, Webmail, outil de recherche, informations officielles, démarches administratives, achats et ventes, presse, bibliothèque, applications..., le tout en ligne).

En fait, le navigateur est au centre du FOI, le trio Formats-Outils-Informations :

  • Le I de FOI, ce sont les Informations, au centre de la société... de l'information...
  • ... et ces informations en ligne s'appuient sur des formats (et des protocoles).
  • Le O de foi ce sont les Outils qui permettent de lire, créer, manipuler ces informations...
  • ... et qui peuvent emprisonner les informations s'ils sont les seuls à savoir le faire et fermés.
  • Le F de FOI ce sont les Formats, qui peuvent être fermés et liés à un seul outil fermé...
  • ... ou qui peuvent être ouverts, c'est-à-dire co